Recevoir le Noir
Par Solomon
J’ai récemment complété mon premier séjour de 72 heures dans le noir, et ce fut l’une des expériences les plus uniques et nourrissantes que j’aie vécues.
L’espace en lui-même est exceptionnel. La chambre noire est souterraine, de type utérin, et conçue avec beaucoup de soin et d’intention. Les planchers chauffants, la ventilation de qualité, les éléments de mise à la terre et les minéraux intégrés — comme le quartz et la sélénite — contribuent tous à un profond sentiment de sécurité et de contenance. Je me suis senti tenu par l’espace dès mon entrée. Il y a aussi une console audio optionnelle avec des méditations guidées et des paysages sonores binauraux, très bien réalisés et soutenants, tout en laissant la possibilité d’un silence complet.
D’un point de vue pratique, l’expérience est extrêmement bien organisée. Avant d’entrer dans l’obscurité totale, j’ai eu le temps de m’installer et de m’orienter dans l’espace, ce qui a fait une grande différence une fois la lumière éteinte. Chaque jour, une personne de soutien venait prendre des nouvelles et apporter nourriture et boissons. Je n’ai jamais eu faim, et j’ai mangé de façon intuitive tout au long de la journée, en suivant les signaux de mon corps. La nourriture était abondante, nourrissante et préparée avec beaucoup de soin. Les besoins d’hygiène sont également bien pris en compte, avec des débarbouillettes chaudes fournies chaque jour, ce qui s’est révélé étonnamment réconfortant.
Quant à l’expérience elle-même, ma perception du temps a rapidement changé. Sans lumière, sans horloge et sans écrans, les journées se déploient très différemment. Cela a été déstabilisant au début, puis profondément apaisant. Mon système nerveux s’est calmé, les distractions sont tombées, et j’ai ressenti une véritable sensation de réinitialisation, comme un passage initiatique marquant une transition intérieure.
Ce qui m’a beaucoup aidé a été de laisser consciemment la douceur et le soin guider l’expérience. Aborder le séjour avec réceptivité, dans une posture plus féminine et à l’écoute, m’a permis de lâcher les idées préconçues sur ce que je devais accomplir, produire ou réussir. Plutôt que d’essayer de « bien faire » la retraite, je me suis concentré sur le processus — sur ce que je ressentais dans mon corps, sur les signaux de mon intuition, et sur le type de repos, de mouvement, de son ou de silence qui était demandé à chaque instant, y compris dormir lorsque mon corps était fatigué ou manger lorsque la faim se présentait.
La sortie du noir a demandé de la douceur. J’ai remarqué une sensibilité à la lumière et une courte période de recalibrage, ce qui m’a semblé normal et tout à fait gérable avec patience et attention.
Je recommande vivement cette expérience à toute personne qui envisage un séjour dans le noir, en particulier pour un repos profond, une régulation du système nerveux, ou pour s’éloigner de la stimulation constante dans un environnement sécurisant, intentionnel et bien tenu.
Je tiens également à exprimer ma profonde gratitude envers mes hôtes pour leur présence généreuse, attentive et aimante, qui a joué un rôle essentiel dans le soutien d’une expérience positive et sécurisante.